Le Kung-Fu Wushu

Le Kung-Fu (ou Gong-Fu), bien connu en ces termes du grand public, renvoie à l’ensemble des Arts Martiaux Chinois et ainsi à l’ensemble de ses techniques de combats à mains nues ou avec armes. Dans les années 70, l’arrivée massive en Occident des films d’Arts Martiaux Chinois – et notamment ceux de Bruce Lee – aura permis de faire connaître cet art au travers de ses termes génériques « Kung-Fu ». Mais, bien qu’inscrits dans l’esprit populaire, « Kung-Fu » n’est pas le nom d’origine de la pratique. « Kung-Fu » associe Kung (travail difficile, archer) et Fu (temps) renvoyant à un domaine dans lequel il faut beaucoup de temps et d’entraînement avant de parvenir à la maîtrise. Seuls, ces termes signifient en fait « maîtrise d’un art ». Ainsi, on peut dire d’un Chef qu’il a un bon kung-fu en cuisine ou d’un pilote de Formule 1 qu’il a un bon kung-fu en conduite.

 

Les vrais termes pour désigner notre art martial sont en fait « Kung-Fu Wushu ». Etymologiquement, Wushu désigne la « stratégie ou l’art de la guerre » (Wu : s’opposer à, stopper, Shu : la lance). Inspiré des animaux et des cinq éléments, le Kung-Fu Wushu serait donc l’art d’empêcher l’utilisation de la lance, l’art de faire en sorte qu’il n’y ait pas de combat.

 

Le Kung-Fu Wushu est enseigné par le Maître ou Professeur de l’école : le Sifu (Si : professeur, celui qui enseigne, Fu : père, celui qui conduit à une connaissance). Il se pratique dans un Kwoon (équivalent chinois du « Dojo ») où il rassemble ses pratiquants, les Kungfujis, qui portent le Wushu Yifu (Kimono Chinois). Une ceinture peut être ajoutée à cette tenue.

A l’origine cette ceinture n’avait pour objectif que de maintenir le pantalon mais il est désormais répandu d’y inscrire les grades.

Ces derniers évoluent de la façon suivante :
-    Ceinture Blanche,
-    Ceinture Jaune,
-    Ceinture Rouge,
-    Ceinture Verte,
-    Ceinture Bleue,
-    Ceinture Mauve (Marron dans certaines écoles),
-    Ceinture Noire.
Au-delà de la Ceinture Noire, les grades sont classés par Duan (1er Duan, 2e Duan, 3e Duan…).
Traditionnellement, ils n’existent pas en Chine où tous les pratiquants d’une même école, y compris le Sifu, peuvent avoir la ceinture d’une même couleur.
Mais l’ouverture de la culture chinoise au monde a conduit à l’occidentalisation des grades sur le modèle des grades japonais dont Jigoro Kano (1860-1938) fut l’inventeur. Il est à noter qu’il fit pour la première fois en France à Marseille une démonstration de son art en 1889. Aujourd’hui, il est de loin l’art le plus pratiqué en France tandis que les experts chinois arrivent à peine et cela, au compte-goutte.

 

En école, les élèves pratiquent :
-    le Gong-Fang : travail par deux d’attaques et de contre-attaques,
-    le Sanda : combat avec protections, sur ring, avec utilisation des pieds et poings sur tout le corps et projections,
-    le Sanshou : combat traditionnel avec protections, sur tatami, avec utilisation des pieds sur tout le corps, des poings sur le corps et les jambes, et des balayages,
-    le Ji Ben Gong : déplacements sur tatami incluant techniques de jambes et/ou de poings,
-    les Taolus : enchaînements de mouvements codifiés seuls ou en équipe simulant un combat contre un ou plusieurs adversaires.

 

En outre, chaque cours débute et s’achève par un Salut. Au commencement des Arts Martiaux Chinois, le Salut était un atout contre d’éventuels agresseurs. Le pratiquant expérimenté pouvait, s’il avait été initié aux saisies et clés du Chinna (techniques de clés et saisies), attaquer par surprise au moment de dire bonjour à son interlocuteur. Un Salut à distance permettait quant à lui de prévenir une éventuelle attaque et/ou de marquer un signe de politesse. Aujourd’hui, le Salut est un signe distinctif qui permet à chaque membre d’un style ou d’une école de se reconnaître. En alliant la main gauche ouverte et le poing droit lors du Salut, c’est le Yin (forces négatives) et le Yang (forces positives) qui prennent forme. Ainsi, ces symboles s’unissent pour montrer l’esprit des Arts Martiaux Chinois dans toute leur complexité. Ils sont en fait l’harmonie des opposés : la guerre/ la paix, le mal/ le bien, la faiblesse/ la force, le feu/ l’eau, etc.

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