Histoire du Kung-Fu Wushu

Apparu en Chine, le Kung-Fu Wushu suit une évolution en adéquation avec celle de la civilisation.
En effet, les premières techniques de combat virent le jour avant que l’écriture ne soit inventée. Les hommes devaient alors lutter pour leur survie contre les animaux sauvages et contre leurs congénères, d’abord à mains nues, puis, grâce à des armes naturelles : bâtons, armes à base d’ossements, et armes à base de pierres.

 

Environ 2700 ans avant Jésus-Christ, L’Empereur Huang Ti aurait enseigné à ses troupes un type de Kung-Fu appelé Chiou Ti. Ces techniques leur auraient permis de sortir vainqueur d’une importante bataille.

 

De nombreux militaires ont au cours des années écrit des manuels rassemblant techniques de combat et stratégie militaire. Les premières mentions écrites datent de plus de 2000 ans avant Jésus-Christ, elles sont appelées « Go-Tien Chiao-Ki ». Le plus connu de ces manuels est celui de Sun Tze. Intitulé « Traité de la guerre », on estime sa rédaction au 6e siècle avant J-C. A l’époque, les hommes qui pratiquaient les arts martiaux étaient souvent des guerriers. La pratique améliorait la résistance et l’endurance du corps afin de mieux combattre. Les mouvements gymniques et enchaînés superflus n’existaient pas. La méditation et le travail lent étaient la base d’une étonnante santé corporelle, jumelée à une efficacité redoutable.

 

En outre, sous la Dynastie Tang (618 – 907), les officiers et soldats devaient passer des tests d’arts martiaux pour être promus. Des titres d’honneur tels que « Guerrier du Courage » ou encore « Guerrier de l’Agilité » étaient attribués aux Maîtres en Wushu.

 

Au 2e siècle après Jésus-Christ, le célèbre médecin Hua Tuo apporta ses connaissances au Wushu que nous connaissons avec un ensemble de techniques permettant d’acquérir une bonne santé à travers des postures inspirées de cinq animaux : l’oiseau, le tigre, le cerf, le singe et l’ours. Il s’agit d’une pratique permettant un entraînement intérieur comme extérieur du corps et combinant la théorie et la pratique.

 

L’épisode charnière et incontournable pour le Kung-Fu Wushu mais également pour le bouddhisme se déroule au cœur du Temple de Shaolin environ 520 ans après Jésus-Christ. En effet, le moine indien Bodhidharma (Bodhi : état d’éveil – Dharma : doctrine) s’y retira afin d’enseigner le savoir qu’il avait acquis. Mais face aux difficultés des moines à entrer dans de telles méditations, il décida de leur enseigner des techniques de travail interne et externe. Les fruits de ses neuf années de méditation furent en outre une série de 18 mouvements – « les 18 mains de LuoHan » et les techniques respiratoires de Qi-Qong.
Il donna ainsi naissance au courant bouddhique « Chan » (« Zen » au Japon) et au style de Kung-Fu Wushu externe « Shaolin Quan ». Il fut l’un des premiers à comprendre l’intérêt d’une « alliance » entre le corps et l’esprit pour un travail efficace.

Sans cesse exposés aux brigandages, les moines de Shaolin firent de leur technique un véritable Art Martial qui se transmit de génération en génération.

On raconte que 13 moines de Shaolin ont permis de remporter une bataille contre les forces du Roi Zhang, gagnant ainsi le droit d’entraîner leurs « moines-soldats ».
Le moine Jue Yuan a travaillé à la refonte complète des techniques des moines de Shaolin. Il créa 170 techniques réparties en 5 styles.

 

Sous l’empereur Kang Xi (1661-1722), de la dynastie des Qing, apparaissent les mouvements enchaînés, l’équivalent des Tao Lus actuels. « Tao lu » renvoie à un ensemble de mouvements codifiés simulant un combat contre plusieurs adversaires. Ces Tao Lus ont pour but originel de masquer la vraie pratique du Wushu aux yeux des autorités qui avaient envahi le pays. En effet, les Mandchous avaient interdit leur pratique afin d’éviter tout soulèvement du peuple. Quelques années plus tard, l’interdiction est levée. A la même époque, apparut la distinction entre le Wushu dit externe et le Wushu dit interne.

 

L’Association Chinoise de Culture Physique est créée en 1909 suite à l’enthousiasme soulevé au sein de la population chinoise par Huo Yuan Chia, vainqueur de tous les défis qui lui furent lancés par des étrangers et par ses compatriotes.

 

En 1923, l’Institut Central de l’Art National organise la première compétition nationale d’Arts Martiaux Chinois.

 

En 1949, Mao Tsé Dong, fondateur de la République Populaire de Chine, interdit la pratique des arts martiaux soupçonnant les écoles de préparer leur opposition à l’Etat. Seuls les aspects gymniques et bons pour la santé sont autorisés. Très lointain du Kung-Fu traditionnel, le Wushu moderne – pratiqué aujourd’hui en compétition – apparaît avec les formes codifiées qui mettent en avant des éléments gymniques et acrobatiques. Quelques experts résistent à cette vague déferlante, d’autres quittent le pays, permettant de rendre la pratique plus populaire à l’étranger. La mort de Mao Tsé Dong en 1976 va permettre de libérer l’âme du Wushu.

 

Dès 1990, le Kung-Fu Wushu se structure avec des compétitions nationales et internationales.
C’est par l’île d’Okinawa, que la discipline se répandit au Japon pour ensuite nous arriver en Europe. Aujourd’hui, on recense plus de 400 styles à mains nues ou avec armes

 

Le Wushu est devenu une discipline sportive avec une fédération internationale (IWUF), des fédérations continentales et des fédérations nationales toutes reconnues par le comité international olympique (CIO). Les Championnats du Monde ont lieu tous les deux ans. Trois disciplines sont présentées durant les Championnats Internationaux : le Sanda, les Taolus (enchaînements) et le Tai Chi Chuan. Le premier Championnat du Monde de Wushu a eu lieu à Pékin en 1991.

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